En février, un chiffre a de quoi surprendre. En France, autant d’œufs de code 2 que d’œufs de code 3 ont été produits. Derrière cette égalité apparente, il y a pourtant un vrai message pour le marché, les prix et vos courses du quotidien.
Ce que révèlent vraiment les chiffres de février
Selon Agreste, la production française d’œufs a encore progressé en février, avec une hausse de 4,2 % sur un an. Ce n’est pas un simple rebond. C’est un mouvement solide, qui confirme une production bien orientée.
Mais le détail est plus intéressant que le total. La production d’œufs de poules élevées en cage, soit le code 3, a reculé de 0,9 % pour tomber à 330 millions d’œufs. En même temps, les œufs de code 2 ont atteint le même volume. Et ils ont bondi de 13,3 % en un an.
Autrement dit, le marché se déplace. Le poids du code 2 monte, tandis que le code 3 perd du terrain. Ce n’est pas anodin, car cela change l’équilibre entre les modes d’élevage proposés en rayon.
Pourquoi l’égalité entre code 2 et code 3 compte autant
Sur le papier, deux volumes égaux peuvent sembler banals. En réalité, ils racontent une bascule. Le consommateur regarde de plus en plus le mode d’élevage, et la filière s’adapte.
Le code 2 correspond aux œufs de poules élevées au sol. Le code 3 vient des poules en cage. Depuis plusieurs années, les attentes des acheteurs poussent vers des systèmes jugés plus acceptables. Le marché suit cette pression, parfois doucement, parfois plus vite qu’on ne le croit.
Quand le code 2 atteint le niveau du code 3, cela montre que les volumes se réorganisent. Ce n’est pas seulement une histoire de production. C’est aussi une histoire d’image, de demande et de stratégie pour les éleveurs.
Le code 1 continue aussi de monter
Un autre chiffre attire l’attention. En février, 670 millions d’œufs de code 1 ont été pondus. Cela représente une hausse annuelle de 2,6 %. Le code 1, c’est le plein air. Il reste donc très présent dans l’offre française.
Cette progression est importante, car elle montre que la dynamique ne se limite pas à un seul segment. Le plein air avance encore. Le sol progresse vite. Et la cage recule légèrement. Le marché devient plus contrasté, mais aussi plus lisible.
Pour vous, cela signifie une chose simple. Les rayons reflètent de plus en plus les choix de consommation. Plus les achats se tournent vers certains codes, plus les producteurs ajustent leurs élevages.
Des poulettes de ponte en forte hausse en 2025
La suite du mouvement se voit déjà dans les élevages. Sur l’ensemble de l’année 2025, 51,3 millions de poulettes de ponte ont rejoint les exploitations françaises. C’est une hausse de 10,3 % par rapport à 2024.
Ce chiffre est très parlant. Une poulette de ponte, c’est l’avenir de la production. Quand elles arrivent plus nombreuses, cela prépare des mois de volumes plus élevés. Le secteur anticipe donc une demande qui reste soutenue.
On comprend mieux pourquoi la filière reste tendue. Même avec une production qui progresse, la demande ne faiblit pas vraiment. Résultat, les opérateurs gardent un ton ferme sur les prix.
Ce que cela change pour les prix des œufs
Au 17 mars, le marché français ne montrait pas de relâchement. Les opérateurs signalaient toujours des tensions, surtout sur l’alternatif. Ils maintenaient leurs prix assez facilement.
En clair, l’offre augmente, mais pas assez pour détendre franchement le marché. Et dans ce contexte, les œufs issus d’élevages alternatifs restent particulièrement recherchés. Cela donne un peu de pouvoir aux vendeurs, car les volumes disponibles ne couvrent pas toujours la demande.
Pour le consommateur, cela peut se traduire par des prix qui tiennent, voire qui résistent malgré les hausses de production. C’est souvent frustrant. On voit plus d’œufs produits, mais pas toujours une baisse nette en magasin. C’est là que la logique du marché devient un peu brutale.
Faut-il s’attendre à un changement durable ?
La vraie question est là. Est-ce une simple photo de février, ou le début d’un nouveau paysage ? Les deux, sans doute. Le code 2 gagne du terrain. Le code 1 reste robuste. Et le code 3 ne disparaît pas, même s’il cède un peu.
Le marché des œufs évolue lentement, mais sûrement. Il dépend des coûts de production, des choix des enseignes, des attentes des acheteurs et des capacités des élevages. Quand tous ces éléments vont dans le même sens, le changement finit par s’imposer.
Pour l’instant, le message est clair. La France produit plus d’œufs. Les élevages alternatifs continuent de prendre de la place. Et les prix, eux, ne bougent pas encore franchement dans le sens attendu par les consommateurs.
En résumé, ce qu’il faut retenir
- La production française d’œufs a augmenté de 4,2 % en février sur un an.
- Les œufs de code 2 ont atteint 330 millions, soit autant que les œufs de code 3.
- Le code 2 progresse fortement avec + 13,3 % sur un an.
- Le code 1 reste très présent avec 670 millions d’œufs, en hausse de 2,6 %.
- Les arrivées de poulettes de ponte ont bondi à 51,3 millions en 2025.
- Malgré ces hausses, le marché reste tendu et les prix tiennent, surtout sur l’alternatif.
Au fond, cette égalité entre code 2 et code 3 n’est pas un détail. C’est un signal. Elle montre que la filière des œufs avance, se transforme et répond à une demande qui ne cesse d’évoluer. Et cela, vous le verrez tôt ou tard sur vos boîtes d’œufs.





